09/10/2008

Brel, Jacques

Brel, Jacques - 001.pngJacques Romain Georges Brel.

Naissance : 8 avril 1929, Schaerbeek, commune bruxelloise (Région de Bruxelles-Capitale).

Mort : 9 octobre 1978, Bobigny.

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Entérré, au côté de Gauguin, Dans le cimetière du Calvaire d’Atuona, ile d’Hiva Oa, située dans les îles Marquises.

auteur-compositeur-interprète, acteur et réalisateur.

Désireux d'échapper à l'entreprise familiale de cartonnerie, Jacques Brel se veut chanteur et gagne Paris en 1953. Ses débuts sont plus que modestes, ses spectacles joués à la guitare, son attitude provinciale ne séduisent guère la capitale. Néanmoins, il persévère et s'entoure de fidèles compagnons (Pasquier, Rauber, Jouannest) qui l'aident à accoucher de son premier succès en 1956, « Quand on a que l'amour ». En 1959, le succès de l'album « La valse à mille temps » propulse Jacques Brel sur le devant de la scène. Il ne triomphe pas seulement à l'Olympia mais dans le monde entier. Les succès s'enchaînent (« Ne me quitte pas », « Les Bourgeois », « Les Vieux »). Parvenu au sommet en 1966, il décide de mettre un terme à sa carrière de chanteur et de se consacrer au cinéma. Il sera tour à tour réalisateur (« Frantz » en 1971) et acteur (« Les Risques du métier », « L' Emmerdeur »). En 1975, atteint d'un cancer, il part vivre loin... aux îles Marquises. En 1977, il enregistre un dernier disque, « Les marquises », qui sera un véritable événement. Il meurt quelques mois plus tard.

 

Oeuvres principales : Quelques chansons célèbres : Quand on n'a que l'amour - Ne me quitte pas - Amsterdam - La valse à mille temps - Madeleine - Les bourgeois - Vesoul - La chanson des vieux amants - Le plat pays - Les singes - Les vieux - Les FlamandesLe Plat Pays – Filmographie : Les Risques du métier, André Cayatte (1968) - La Bande à Bonnot, Philippe Fourastié (1968) - Mon oncle Benjamin, Édouard Molinaro (1969) - Mont-Dragon, Jean Valère (1970) - Les Assassins de l'ordre, Marcel Carné (1971) - L'aventure c'est l'aventure, Claude Lelouch (1972) - Le Bar de la fourche, Alain Levent (1972) – L'Emmerdeur, Édouard Molinaro (1973) - Réalisateur : Franz , Jacques Brel (1971) - Le Far West (1973).

08/10/2008

Clémenceau, Georges

190px-Clemenceau_-_Manet.jpgClémenceau, Georges Benjamin

Naissance : 28 septembre 1841, à Mouilleron-en-Pareds, (Vendée).

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Mort : 24 novembre 1929, à Paris.

Médecin, journaliste et homme politique français.

Médecin, c'est pourtant en tant que journaliste que Georges Clémenceau s'illustre d'abord, publiant le fameux « J'accuse » de Zola dans son quotidien « L' Aurore ».

En 1861, il fonde avec des camarades en décembre de cette année un hebdomadaire, « Le Travail ». Le 23 février 1862, il est arrêté par la police pour avoir apposé des affiches convoquant une manifestation. Il passe 77 jours dans la prison de Mazas. Il devient docteur en médecine le 13 mai 1865, avec une thèse intitulée « De la génération des éléments atomiques ». Le 25 juillet, il s’embarque pour l'Angleterre puis les États-Unis. Il trouve un poste d’enseignant dans un collège pour jeunes filles à Stamford où il donne des cours de français et d’équitation. Il s’éprend alors d’une de ses élèves, Mary Plummer, qu’il épouse le 20 juin 1869, dont il divorcera. Il revient le 26 juin 1869 et entreprend une carrière politique dans le camp des opposants à Napoléon III. Pendant la « journée du Quatre Septembre » 1870, Il prend une part active dans la manifestation réclamant la fin de l’Empire. Le nouveau gouvernement nomme des maires provisoires dans les différents arrondissements de Paris. Clémenceau est placé à la tête du XVIIIe arrondissement. Le 5 novembre, à la suite d’élections, il conserve son poste. Le 8 février, il est élu député de la Seine au sein de la nouvelle Assemblée nationale. Le 29 novembre 1875, il est élu président du Conseil municipal. Son élection, le 20 février 1876, comme député de Paris à la Chambre marque le véritable début de sa carrière. Ses premiers combats, développés durant ses premières années au Sénat, sont d’obtenir l’amnistie pour les « Communards », une révision de la Constitution rédigée par des républicains modérés et des monarchistes et la séparation de l’Église et de l’État. Pour asseoir encore davantage son influence politique, Clémenceau décide de fonder un journal, « La Justice » qui paraît pour la première fois le 13 janvier 1880. Clémenceau acquiert le surnom de « Tigre » pour sa férocité, animal qu'il disait ne pas aimer et une réputation de « tombeur de ministères » :

  1. En 1881, il obtient la démission de celui conduit par Jules Ferry.

  2. En 1882, il contribue également à la démission du ministère de Gambetta.

  3. En 1885, Jules Ferry est contraint à la démission après le résultat négatif des votes d’un budget pour les troupes françaises au Tonkin attaqué par l’armée chinoise.

En 1885, Georges Clémenceau est élu conjointement dans le Var et à Paris. Il choisit de devenir député du Var, département dont la population vote de plus en plus à gauche, dans la circonscription de Draguignan. L’échec électoral du 3 septembre 1893 force Clémenceau à se retirer un temps de la scène politique. Il se consacre dès lors davantage à l’écriture. C’est par l’intermédiaire de l’affaire Dreyfus que Clémenceau revient au premier plan. Clémenceau qui est entré comme rédacteur à « l’Aurore » en octobre 1897, n’est pas au départ convaincu de l’innocence de Dreyfus. C’est l’acquittement d’Esterhazy le 11 janvier 1898 qui déclenche la crise. Le 13 janvier, Zola publie un article en première page de « l’Aurore » auquel Clémenceau trouve un titre choc : « J'accuse… ! ». Il plaide ensuite dans le procès intenté à Zola et au journal. Fin janvier 1901, Clémenceau quitte l’Aurore suite à des mésententes avec d’autres journalistes. Il crée alors un nouvel hebdomadaire, « Le Bloc », il paraît jusqu’au 15 mars 1902. Le 4 avril 1902, il est élu triomphalement. Il est un ardent défenseur de la loi de séparation des Églises et de l'État. En mars 1906, il occupe alors la fonction de ministre de l’Intérieur. Il accède le 25 octobre 1906 à la présidence du Conseil. Il soutient parallèlement la fondation de la police scientifique par Alphonse Bertillon et des Brigades du Tigre par Célestin Hennion. Le 20 juillet 1909, Clémenceau démissionne. Les années 1909-1912, il consacre son temps à des voyages, à des conférences, mais aussi à sa convalescence car, malade de la prostate, il subit en 1912 une douloureuse opération. Le 6 mai 1913 paraît le premier numéro de « L’Homme libre », journal parisien. 250px-Georges_Clemenceau_1.jpgPendant la Première Guerre mondiale, son journal est l’un des premiers à connaître la censure du gouvernement, exilé à Bordeaux. Il voit son article, dénonçant, à partir d’un fait divers, les insuffisances du service sanitaire aux armées, censuré par le gouvernement. Le journal est suspendu du 29 septembre au 7 octobre. Il change alors le titre de son quotidien en « L’Homme enchaîné ». Pendant les années qui suivent, Clémenceau s’emploie à critiquer l’inefficacité du gouvernement et l'insuffisance des informations qu’il transmet, mais aussi à défendre l’importance du patriotisme et de l’union face au danger. Il fait aussi plusieurs visites sur le front en tant que président de la commission de l’Armée au Sénat. « L'homme enchaîné » garde son nom jusqu’à l’accession de Clémenceau à la Présidence du Conseil, le 16 novembre 1917. Clémenceau devient ainsi à soixante-seize ans président du Conseil pour la deuxième fois, mais aussi ministre de la Guerre, ministère qu’il a tenu à garder pour lui seul.

Oeuvres principales : La mêlée sociale, (Eugène Fasquelle, Au Fil des Jours, (Eugène Fasquelle), Au soir de la pensée, (Plon, 1927), Grandeurs et Misères d'une victoire, (Plon, 1930), Pour la Patrie, 1914-1918, pages extraites des articles et des discours de Georges Clémenceau, (Plon, 1934), Discours de guerre, (Plon, 1934), Discours de paix, (Plon, 1938), L'Iniquité, (premier des 7 tomes de ses écrits journalistiques, réédition de la publication de 1899-1906 établie par Michel Drouin, Mémoire du Livre, 2001).

23/08/2008

"Fritz" Perls, Frederick

Frederick "Fritz" Perls

Naissance : 08 juillet 1893, à Berlin, (Allemagne).

Mort : 14 mars 1970, à Chicago, (Illinois, USA).

Psychanalyste allemand.

Derrière la mise en place de la thérapie de Gestalt dans les années 1940 se cachent les théories d'un homme, Frederick ''Fritz'' Perls. Diplômé de médecine en 1926, le scientifique puise ses influences chez Karen Horney et dans la philosophie existentialiste. Ses idées prennent forme petit à petit pour aboutir au processus de satisfaction du besoin qui passe par cinq phases - sensation, prise de conscience, énergétisation, contact, retrait - et qui ne s'arrête jamais, tel un cycle. Pour le psychanalyste, chaque objet d'un rêve représente un aspect de la vie du dormeur que celui-ci veut rejeter ou oublier. Son travail d'analyste vise à faire repérer les sentiments enterrés propres au patient. Si Fritz est freudien de formation, il a l'impression que les observations de son prédécesseur sont limitées car focalisées sur le passé. C'est pourquoi ses études partent de l'affirmation 'ici et maintenant'. La plupart de ses écrits traduisent ses pensées 'Ego, Hunger and Agression' (1942), 'The Beginning of Gestalt Therapy' (1951), 'Gestalt Therapy Verbatum' (1969) mais il se livre aussi avec l'autobiographie 'In and Out of the Garbage Pail' en 1969. A travers son oeuvre, Frederick ''Fritz'' Perls propose d'envisager l'unité des sentiments et des comportements présents ainsi que les relations entre le moi et son environnement.

Oeuvres principales : Ego, Hunger, and Aggression: A Revision of Freud's Theory and Method (1942) - The Beginning of Gestalt Therapy (1951) - In and Out of the Garbage Pail (1969) - Gestalt Therapy Verbatim (1969).

22/08/2008

Malraux, André

Malraux, André - 001.jpgAndré Malraux

Naissance : 03 novembre 1901, à Paris (France).

Mort : 23 novembre 1976, Verrières-le-Buisson (France).

Ecrivain, aventurier et homme politique français.

André Malraux arrête ses études à 17 ans mais sa culture littéraire lui permet rapidement de travailler comme libraire. Il publie peu de temps après ses premiers articles et côtoie le milieu artistique et littéraire parisien. En 1923, il part pour le Cambodge à la suite de problèmes financiers, dans l'idée de rapporter des statues khmères. L'affaire tourne mal et Malraux, accusé, passera quelques temps en prison. Libéré, il repart pour Saïgon et s'engage contre la colonisation en créant le journal "l' Indochine", bientôt interdit par les autorités françaises. Après plusieurs voyages en Orient, André Malraux s'engage contre le fascisme dès 1933 et commande, en 1936, une escadrille lors de la guerre d'Espagne. Simple soldat, il est fait prisonnier en 1940 mais s'évade rapidement. Il s'installe alors dans le sud de la France et ne s'engage dans la Résistance qu'en 1944, sous le pseudonyme de "colonel Berger". Il fait une rencontre décisive en 1945, celle du général de Gaulle. De 1946 à 1958, il publie entre autres "Les Voix du silence", "Le Musée imaginaire" et "La Métamorphose des dieux". En 1959, il devient ministre d'État chargé des affaires culturelles, poste qu'il occupera jusqu'en 1969. On lui doit notamment la création des Maisons de la Culture. Au terme de sa carrière, Malraux a rédigé de magnifiques romans sur l'engagement et ses paradoxes : "La Voie royale", "L'Espoir". Ses cendres sont conservées au Panthéon depuis 1996.

Oeuvres principales : Ecrit pour une idole à trompe, textes farfelus donnés en revues entre 1921 et 1927 et repris dans les Œuvres Complètes, vol. 1, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade - La Tentation de l'Occident, 1926 - Les Conquérants, 1928 - Royaume-Farfelu, 1928 - La Voie royale, 1930, Prix Interallié. - La Condition humaine, 1933, Prix Goncourt. - Le Temps du mépris, 1935 - L'Espoir, 1937 - Espoir, sierra de Teruel, 1938 (mise en scène du film) - La Lutte avec l'ange, ensuite retitré Les Noyers de l'Altenburg, 1943 Suisse - 1948 France - Le Démon de l'Absolu, 1946 - Esquisse d'une psychologie du cinéma, 1946 - Psychologie de l'art : Le Musée imaginaire - La Création artistique - La Monnaie de l'absolu, 1947-1948-1950 - Saturne, le destin, l'Art et Goya, Différents titres > 1947 - 1950 - 1978 - Les Voix du silence, 1951 - Le Musée imaginaire de la sculpture mondiale : La Statuaire - Des Bas-reliefs aux grottes sacrées - Le Monde Chrétien, 1952-1954 - La Métamorphose des dieux, 1957, deviendra le premier volume (Le Surnaturel) de la trilogie qui reprend ce titre. - "Entre ici...", 1964, lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon (repris dans Oraisons funèbres). - Antimémoires, 1967 (Première partie du Miroir des Limbes) - Les Chênes qu'on abat..., 1971 (repris dans La Corde et les souris) - Oraisons funèbres, 1971 (8 oraisons reprises dans La Corde et les souris, 1976) - La Tête d'obsidienne, 1974 (repris dans La Corde et les souris) - Lazare, 1974 (repris dans La Corde et les souris) - Hôtes de passage, 1975 (repris dans La Corde et les souris) - La Corde et les Souris, 1976 (seconde partie du Miroir des Limbes) - Le Miroir des limbes, 1976 (I. Antimémoires + II. La Corde et les souris + Oraisons funèbres) - Le Surnaturel, (paru en 1957) sous le titre La Métamorphose des Dieux - L'Irréel, La Métamorphose des Dieux. II, 1975 - L'Intemporel, La Métamorphose des Dieux. III, 1976 - L'Homme précaire et la Littérature, Gallimard, 1977 (posthume) - Carnet du Front populaire (1935-1936), Gallimard, 2006 (posthume) - Carnet d'URSS (1934), Gallimard, 2007 (posthume).

Rabelais, François

250px-Francois_Rabelais_-_Portrait.jpgFrançois Rabelais

Naissance : 1493 ou 1494, près de Chinon (Indre-et-Loire, France).

Mort : 9 avril 1553, à Paris (France).

Médecin et écrivain français de la Renaissance.

Rabelais est l'un des humanistes les plus connus de la Renaissance, qui luttent avec enthousiasme pour renouveler, à la lumière de la pensée antique, l'idéal philosophique et moral de leur temps. Son œuvre est mise à l'Index Librorum Prohibitorum, « Index des livres interdits » par l'Église.

François Rabelais, fils d'Antoine Rabelais, sénéchal de Lerné et avocat serait né en 1494, probablement au domaine de La Devinière à Seuilly, près de Chinon en Touraine quoiqu'aucun document ne permette d’établir avec certitude ses véritables lieu et date de naissance. Ainsi la date de 1494 est très controversée, certains lui préférant 1483 ou encore 1489. Selon Bruneau de Tartifume (1574-1636), Rabelais est novice, vers la fin de 1510, au monastère des Cordeliers (ordre des frères mineurs, ou franciscain) de la Baumette, construit devant la Maine, près du roc de Chanzé à Angers. Il reçoit une formation de théologie. Plus tard, Rabelais rejoint le couvent franciscain du Puy-Saint-Martin à Fontenay-le-Comte, où il devient moine vers octobre 1520. Ecclésiastique vivant en concubinage, Rabelais égratignait volontiers les femmes, raillait les maris infortunés et présentait le mariage comme une loterie. Il manifeste très tôt une curiosité humaniste. Pierre Lamy l'initie aux études grecques et l'encourage à écrire à Guillaume Budé. Rabelais s'intéresse aux auteurs antiques, et correspond plus tard avec d'autres humanistes célèbres. En 1523, suite aux commentaires d'Érasme sur le texte grec des Évangiles, la Sorbonne tente d'empêcher l'étude du grec. À la fin de cette année, les supérieurs de Rabelais et de Pierre Lamy confisquent leurs livres de grec. Bien que ses livres lui soient peu à peu restitués, Rabelais se résout à changer d'ordre monastique. Soutenu par Geoffroy d'Estissac qui l'accueille, Rabelais présente une requête au pape en ce sens, en la motivant par l'excessive austérité de la règle de Saint-François. Devenu bénédictin, Rabelais s'attache à la personne de Geoffroy d'Estissac, et devient son secrétaire. Il l'accompagne ainsi au cours des tournées d'inspection de ses terres et abbayes. Rabelais séjourne ensuite au prieuré de Ligugé, résidence habituelle de Geoffroy d'Estissac, où il se lie d'amitié avec Jean Bouchet. Au monastère proche de Fontenay-le-Comte, il rencontre le noble abbé Antoine Ardillon. Rabelais ne se plie pas facilement aux règles monacales et ne reste pas cloîtré dans son monastère. Vers 1528, il prend l'habit de prêtre séculier pour se rendre dans diverses universités. Il va d'abord à Paris, où il commence ses études de médecine.180px-Rabelais01.jpg Il a deux enfants. Le 17 septembre 1530, il s'inscrit à la Faculté de Médecine de Montpellier, où il donne des cours sur Hippocrate et Galien. Il y est reçu bachelier le 1er novembre suivant. À Montpellier, Rabelais se lie d'amitié avec le médecin Guillaume Rondelet (1507-1566). Au printemps 1532, Rabelais s'installe à Lyon, grand centre culturel où fleurit le commerce de la librairie. Le 1er novembre, il est nommé médecin de l'Hôtel-Dieu de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône (Lyon). Il y enseigne également la médecine et publie des critiques de traités médicaux antiques. Ses proches Étienne Dolet (1509-1546), Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), Jean Salmon Macrin (1490-1557) sont protégés par l'évêque de Paris, Jean du Bellay, qui devient aussi le protecteur de Rabelais. Rabelais publie Pantagruel en 1532 sous le pseudonyme d'Alcofrybas Nasier (anagramme de François Rabelais). Il écrit une lettre à Érasme dans laquelle il se déclare le fils spirituel de l'humaniste, en ce qu'il a voulu réconcilier la pensée païenne avec la pensée chrétienne, construisant ainsi ce qu'on a appelé l'Humanisme chrétien. Il publie Gargantua en 1534, sous le même pseudonyme, utile précaution puisque tous ses livres sont ensuite condamnés par la Sorbonne. D'août 1535 à mai 1536, Rabelais séjourne encore à Rome en tant qu'agent de Geoffroy d'Estissac. Le 17 janvier 1536, un bref de Paul III autorise Rabelais à regagner un monastère bénédictin de son choix, et à exercer la médecine sans pratiquer d'opérations chirurgicales. Le cardinal du Bellay, abbé du monastère bénédictin de Saint-Maur-des-Fossés, lui offre de le recevoir dans ce monastère. Or, ce couvent de religieux est devenu une église collégiale de chanoines, juste avant que Rabelais n'y fût reçu. Une nouvelle demande au pape permet à Rabelais de régler ce problème de dates, et de retrouver ainsi sa liberté en toute légalité. Le 19 septembre 1545, Rabelais obtient un privilège royal pour l'impression du Tiers Livre ; édité en 1546, Rabelais le signe de son propre nom. Le livre est aussitôt censuré pour hérésie. En mars 1546, Rabelais se retire à Metz, ville de l'Empire, chez Étienne Laurens, et est nommé médecin de la ville de Metz. Vers juillet 1547, Rabelais revient à Paris en tant que médecin du cardinal, qu'il accompagne dans ses voyages. En 1548, onze chapitres du Quart Livre sont publiés ; la version intégrale ne paraît qu'en 1552. Le 6 août 1550, Rabelais obtient du roi un privilège d'édition pour toutes ses œuvres, avec interdiction à quiconque de les imprimer ou de les modifier sans son consentement. Le 1er mars 1552, le Quart livre est censuré par les théologiens. Le 7 janvier 1553, Rabelais résigne ses cures. Il meurt à Paris en avril 1553. En 1562, l’Isle Sonnante, qui comprend seize chapitres du Cinquième Livre, est publiée. Le Cinquième Livre est publié intégralement en 1564, et attribué à Rabelais, attribution que de nombreux commentateurs contesteront plus tard.

Oeuvres principales : Pantagruel (Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé géant Pantagruel) - Gargantua (La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, fils de Grandgousier) (1534) - Le Tiers Livre (1546) - Le Quart Livre (1552) - Le Cinquième Livre (1564, posthume).

21/08/2008

de Fontenelle, Bernard

250px-Fontenelle_2.jpgBernard Le Bouyer de Fontenelle

Naissance :  11 février 1657, à Rouen.

Mort :  9 janvier 1757, à Paris.

Ecrivain français.

Fils d’un avocat et neveu des Corneille par sa mère, Fontenelle fit de brillantes études chez les jésuites de Rouen, où il laissa le renom d’un « jeune homme parfait sous tous les rapports ». Il entra ensuite au barreau, y plaida une seule cause, la perdit, et vint à Paris, auprès de son oncle maternel Thomas Corneille, débuter dans la littérature. Il trouva sa véritable voie dans la littérature scientifique, qu’il aborda par des Entretiens sur la pluralité des mondes (1686), œuvre de vulgarisation scientifique, qui connut un vif succès. Flourens en a fait l’éloge en disant que « que Fontenelle a le double mérite d’éclaircir ce qu’il peut y avoir d’obscur dans les travaux de ceux qu’il loue, et de généraliser ce qu’ils ont de technique. » Il a certainement les qualités de son emploi. C’est un homme d’esprit, qui connaît assez les sciences pour en parler agréablement et exactement, mais qui n’y a pas pénétré assez profondément pour risquer d’être abstrait et obscur. Nommé membre de l’Académie française en 1691, après avoir essuyé quatre refus, il eut, après sa réception, ce mot : « Il n’y a plus que trente-neuf personnes dans le monde qui aient plus d’esprit que moi. » Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences de 1699 à 1737, il fit aussi partie de l’Académie des inscriptions. Se trouvant par là mêlé à toutes les questions du jour, il porta de tous côtés mi parti-pris de tranquillité, d’égalité d’humeur, qui lui donna le repos et lui épargna les discussions violentes. En sa qualité de secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences, il rédigea : Histoire de l’Académie royale des sciences, avec deux préfaces, recueil contenant des extraits des mémoires des savants (1666-1699) Histoire depuis l’année 1699 (1702) Histoire depuis l’année 1666 (1733) les Éloges des Académiciens, qui sont regardés comme le modèle du genre. Ce dernier ouvrage, dont la première édition fut publiée en 1708, et la seconde, plus complète, en 1719, est le chef-d’œuvre de l’auteur.

Oeuvres principales : La Comète (1681) - Nouveaux dialogues des morts (1683) - De l'origine des fables (1684) - Lettres galantes du chevalier d’Her*** (1685) - Relation de l’île de Bornéo (1686) - Entretiens sur la pluralité des mondes (1686) - Histoire des oracles (1686) - Digression sur les anciens et les modernes (1688).

 

de Vigny

240px-Vigny_Maurin.jpgAlfred de Vigny, né Alfred Victor, Comte de Vigny

Naissance : 27 mars 1797 à Loches (Indre-et-Loire).

Mort : 17 septembre 1863, à Paris.

Ecrivain, dramaturge et poète français.

Figure du romantisme, contemporain de Victor Hugo et de Lamartine – il fréquente le Cénacle – il écrit parallèlement à une carrière militaire entamée en 1814 et publie ses premiers poèmes en 1822. Avec la publication de Cinq-Mars en 1826, il contribue au développement du roman historique français. Ses traductions versifiées de Shakespeare s'inscrivent dans le drame romantique, de même que sa pièce Chatterton (1835). Son œuvre se caractérise par un pessimisme fondamental, et une vision désenchantée de la société. Il développe à plusieurs reprises le thème du paria, incarné par le poète, le prophète, le noble, Satan et le soldat. Sa poésie est empreinte d’un stoïcisme hautain, qui s’exprime en vers denses et dépouillés, souvent riches en symboles, annonçant la modernité poétique de Baudelaire, Verlaine et Mallarmé.

Alfred de Vigny naît à la fin du XVIIIe siècle, au sein d’une famille issue de la vieille noblesse militaire. Après une vie de garnison monotone, où il passe quinze ans dans l'armée sans combattre, il fréquente les milieux littéraires parisiens et notamment le cénacle romantique de Victor Hugo. De 1822 à 1838, il écrit des poèmes, (Poèmes antiques et modernes), des romans, (Cinq-Mars, Stello), des drames (La Maréchale d’Ancre, Chatterton) et des nouvelles, (Servitude et grandeur militaires) qui lui apportent la célébrité. Après une rupture sentimentale avec 150px-MarieDorval.JPGMarie Dorval et la mort de sa mère, Alfred de Vigny se retire au Maine-Giraud, son domaine situé en Charente. Il goûte la solitude et veille auprès de sa femme malade et constamment alitée. De retour à Paris, il se mêle de nouveau à la vie politique et littéraire. Il parvient en 1845 à se faire élire, à la cinquième tentative, à l'Académie française. En revanche il échoue à accéder à la députation de Charente en 1848. S’ensuivent vingt-cinq années durant lesquelles il vit presque reclus, dans sa tour d’ivoire du Maine-Giraud, avec Mme de Vigny pour seule compagnie, venant rarement à Paris. Il écrit peu, médite et lit beaucoup. Il décède d’un cancer de l’estomac, après une lente agonie qu’il supporte avec patience et stoïcisme. Son recueil posthume Les Destinées est publié en 1864. Son Journal est révélé en 1867.

Oeuvres principales : Le Bal (1820) - Poèmes (1822) - Éloa, ou La sœur des anges (1824) - 180px-Poemes_Vigny_1829.jpgPoèmes antiques et modernes (1826) - Cinq-Mars (1826) - Roméo et Juliette (1828), traduction en vers de la pièce de Shakespeare - Shylock (1828), adaptation en vers du Marchand de Venise - Le More de Venise (1829), traduction en vers d'Othello - La Maréchale d'Ancre (1831) - Stello (1832) - Quitte pour la peur (1833) - Servitude et grandeur militaires (1835) - Chatterton (1835) - Les Destinées (1864) - Journal d'un poète (1867) - Œuvres complètes (1883-1885) - Daphné (1912).

20/08/2008

Picasso, Pablo

150px-Pablo_picasso_1.jpgPablo Picasso, né Pablo Ruiz Picasso

Naissance : 25 October 1881, à Malaga (Espagne).

Mort : 8 avril 1973, à Mougins (France).

Peintre, sculpteur, desinateur, céramiste et auteur dramatique espagnol.

Il est, avec Georges Braque, le fondateur du mouvement cubiste. Picasso a ainsi commencé la peinture dès son plus jeune âge, et il réalise ses premiers tableaux à huit ans, dont le Picador (1889), sa première peinture à l'huile, dont il refusera toujours de se séparer. La période bleue correspond aux années 1901-1904 : ce nom vient du fait que le bleu est la teinte dominante de ses tableaux de cette époque, qui a débuté avec le suicide de son ami Carlos Casagemas, ce qui explique qu'elle soit marquée par les thèmes de la mort, de la vieillesse et de la pauvreté, mais ne l'empêche pas d'être satirique. Le premier tableau de cette période fut "la mort de Casagemas" inspiré de la mort de son ami espagnol. Les pauvres, les mendiants et les aveugles sont largement décrits dans les tableaux de cette époque : Dama en Eden Concert (1903), La Vida (1903), Las Dos hermanas (1904). On peut ajouter que Picasso en peignant ses tableaux exprime la mélancolie. À partir de 1905, il s'installe à Paris, au Bateau-Lavoir, dans l'atelier laissé par Paco Durrio. Là, il rencontre sa première compagne : Fernande Olivier. C'est le début de la période rose. Comme précédemment, c'est l'utilisation des teintes « rougées » qui explique cette dénomination. Les thèmes abordés sont la joie et l'inquiétude existentielle. Il reste mélancolique et dominé par l'amour ; on y trouve aussi de nombreuses références au monde du zoo et du cirque. Il peint des masques, arlequins, dompteurs et clowns. Picasso privilégia pendant cette période le travail sur le trait, le dessin, plutôt que sur la couleur... C'est aussi l'époque des maternités roses. Picasso fait la connaissance de Guillaume Apollinaire et d'André Salmon. De 1907 à 1914, il réalise avec Georges Braque des peintures qui seront appelées «cubistes». Elles sont caractérisées par une recherche sur la géométrie et les formes représentées : tous les objets se retrouvent divisés et réduits en formes géométriques simples, souvent des carrés. Cela signifie en fait qu'un objet n'est pas représenté tel qu'il apparaît visiblement, mais par des codes correspondant à sa réalité connue. Le cubisme consiste aussi à représenter sur une toile en deux dimensions un objet de l'espace. En 1931, il participe à l'édition de deux livres majeurs accompagnés d'estampes. D'une part, Les Métamorphoses d'Ovide, avec 30 gravures à l'eau-forte et Le Chef-d'œuvre inconnu de Balzac, avec 13 gravures à l'eau forte. Au total, Picasso illustrera plus de 150 ouvrages durant sa vie parmi lesquels des chefs d'œuvres du XXème siècle : le Chant des morts de Reverdy avec 125 lithographies, la Célestine, avec 66 eaux-fortes et aquatintes, Vingt poèmes de Gongora avec 41 eaux-fortes et aquatintes, L'Histoire naturelle de Buffon avec 31 gravures à l'aquatinte, la tauromaquia avec 27 gravures à l'eau-forte et aquatinte etc. À la suite du bombardement, le 26 avril 1937, de Guernica pendant la guerre civile espagnole, horrifié par ce crime, Picasso se lance dans la création d'une de ses œuvres les plus célèbres : Guernica.Durant la Seconde Guerre mondiale, Picasso écrit en 1941 une pièce de théâtre de style surréaliste, Le Désir attrapé par la queue, dont il donnera une lecture le 19 mars 1944 chez Michel Leiris avec ses amis Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Louise Leiris, Pierre Reverdy entre autres. La pièce sera finalement créée en juillet 1967. Il a écrit également deux autres œuvres littéraires : Les Quatre Petites Filles et L'Enterrement du comte d'Orgaz.

Oeuvres principales : Guernica (1937). Théatre : Le Désir attrapé par la queue (1941) -  Les Quatre Petites Filles - L'Enterrement du comte d'Orgaz.

Théognis de Mégare

Théognis de Mégare

Poète gnomique de la Grèce antique. Plus de la moitié des poèmes élégiaques conservés avant la période hellénistique sont contenus dans les 1400 vers attribués à Théognis. Il fut longtemps considéré comme un moraliste.

Beaumarchais, Pierre-Augustin Caron

175px-Beaumarchais.jpgPierre-Augustin Caron Beaumarchais

Naissance24 janvier 1732, à Paris.

Mort18 mai 1799, à Paris.

Ecrivain, dramaturge, éditeur, publiciste et auteur comique français et fut l’une des figures emblématiques du siècle des Lumières.

Fils d’horloger, il est l’inventeur du mécanisme de l’échappement à hampe. Il l’a expliqué au sieur Lepaute, horloger du Roi, qui se prétend alors à l’origine mais Pierre-Augustin le confond en cour. Beaumarchais est également l’inventeur d’un mécanisme de perfectionnement destiné aux pédales de harpes. Il se marie en 1756 avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve Franquet, de presque dix ans son aînée ; celle-ci décède un an plus tard. On le soupçonne de l’avoir tuée et c’est l’occasion du premier de la longue suite de procès et de scandales qui devaient marquer son existence. C’est en 1756 qu’il prend le nom de Beaumarchais, nom d’une terre de sa première épouse. Il devient en 1759 professeur de harpe à Mesdames, filles de Louis XV, il se lie d’amitié avec le financier de la Cour, Joseph Paris Duverney, se lance dans les spéculations commerciales et déploie un tel génie en ce genre qu’en peu d’années il acquiert une grande fortune. Il achète une charge de secrétaire du roi. Il devient ensuite lieutenant général des chasses et commence à écrire des petites parades pour des théâtres privés (Les Bottes de sept lieues, Zirzabelle, Jean Bête à la foire) qui jouent sur un comique de mots et de corps proche de la farce. Il est aussi à l’époque patronné par le prince de Conti. En 1768, il épouse Geneviève-Madeleine Wattebled, veuve de Lévêque, garde général des Menus-Plaisirs, qui décède en 1770, à 39 ans, laissant une importante fortune. Beaumarchais est accusé de détournement d’héritage. Les années 1770 - 1773, sont pour Beaumarchais, des années de procès et de défaveur : en outre ses démêlés avec le comte de la Blache, il est occupé par la succession testamentaire de Joseph Paris Duverney dont devait accoucher l’affaire Goëzman. Il y manifeste un art consommé des Mémoires judiciaires, allant jusqu’à renouveler le genre, mais il y perd fortune, alliés et droits civiques. En 1774, il fait la connaissance de Marie-Thérèse Willermaulaz qui devient sa troisième épouse en 1786. En mars de cette même année, il est une première fois envoyé à Londres pour négocier la suppression du libelle dirigé contre Madame du Barry, les Mémoires secrets d’une femme publique de Théveneau de Morande, mission où il espère regagner les faveurs de la Cour. À partir du mois de juin, il se lance dans une nouvelle aventure et se fait l’avocat d’une intervention française dans la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. Il entame alors une correspondance enflammée avec le comte de Vergennes, où il défend la cause des Insurgés. Dès le mois de septembre 1775, Beaumarchais joue un rôle politique en tant qu’intermédiaire entre les Insurgents et la France, et il rencontre fréquemment Arthur Lee, député secret des Insurgents. Il milite au sein de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, fondée en 1777 à son initiative, et obtient à la Révolution la reconnaissance des droit d'auteurs. Ceux-ci sont automatiques à la création d’une œuvre. Ils garantissent à son auteur ses droits patrimoniaux et moraux (la reconnaissance de la paternité de l’œuvre notamment). En 1790, il se rallie à la Révolution française, et on le nomme membre provisoire de la Commune de Paris. Mais il quitte bientôt les affaires publiques pour se livrer à de nouvelles spéculations ; moins heureux cette fois, il se ruine presque en voulant fournir des armes aux troupes de la république. Il devient suspect lors de la Convention et est emprisonné à l’Abbaye sous la Terreur. Il échappe cependant à l’échafaud et se tient quelques années caché. Il s’exile à Hambourg puis revient en France en 1796. Il écrit ses Mémoires, chef-d’œuvre de pamphlet, et meurt à Paris le 18 mai 1799 d’apoplexie. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 28) à Paris.

Oeuvres principales : Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, publiées par P.-P. Gudin de La Brenellerie, L. Collin, Paris, 1809. 7 volumes in-8° avec gravures. I-II. Théâtre ; III-IX. Mémoires ; V. Époques ; VI-VII. Correspondance.

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