08/10/2008
Clémenceau, Georges
Naissance : 28 septembre 1841, à Mouilleron-en-Pareds, (Vendée).
Mort : 24 novembre 1929, à Paris.
Médecin, journaliste et homme politique français.
Médecin, c'est pourtant en tant que journaliste que Georges Clémenceau s'illustre d'abord, publiant le fameux « J'accuse » de Zola dans son quotidien « L' Aurore ».
En 1861, il fonde avec des camarades en décembre de cette année un hebdomadaire, « Le Travail ». Le 23 février 1862, il est arrêté par la police pour avoir apposé des affiches convoquant une manifestation. Il passe 77 jours dans la prison de Mazas. Il devient docteur en médecine le 13 mai 1865, avec une thèse intitulée « De la génération des éléments atomiques ». Le 25 juillet, il s’embarque pour l'Angleterre puis les États-Unis. Il trouve un poste d’enseignant dans un collège pour jeunes filles à Stamford où il donne des cours de français et d’équitation. Il s’éprend alors d’une de ses élèves, Mary Plummer, qu’il épouse le 20 juin 1869, dont il divorcera. Il revient le 26 juin 1869 et entreprend une carrière politique dans le camp des opposants à Napoléon III. Pendant la « journée du Quatre Septembre » 1870, Il prend une part active dans la manifestation réclamant la fin de l’Empire. Le nouveau gouvernement nomme des maires provisoires dans les différents arrondissements de Paris. Clémenceau est placé à la tête du XVIIIe arrondissement. Le 5 novembre, à la suite d’élections, il conserve son poste. Le 8 février, il est élu député de la Seine au sein de la nouvelle Assemblée nationale. Le 29 novembre 1875, il est élu président du Conseil municipal. Son élection, le 20 février 1876, comme député de Paris à la Chambre marque le véritable début de sa carrière. Ses premiers combats, développés durant ses premières années au Sénat, sont d’obtenir l’amnistie pour les « Communards », une révision de la Constitution rédigée par des républicains modérés et des monarchistes et la séparation de l’Église et de l’État. Pour asseoir encore davantage son influence politique, Clémenceau décide de fonder un journal, « La Justice » qui paraît pour la première fois le 13 janvier 1880. Clémenceau acquiert le surnom de « Tigre » pour sa férocité, animal qu'il disait ne pas aimer et une réputation de « tombeur de ministères » :
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En 1881, il obtient la démission de celui conduit par Jules Ferry.
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En 1882, il contribue également à la démission du ministère de Gambetta.
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En 1885, Jules Ferry est contraint à la démission après le résultat négatif des votes d’un budget pour les troupes françaises au Tonkin attaqué par l’armée chinoise.
En 1885, Georges Clémenceau est élu conjointement dans le Var et à Paris. Il choisit de devenir député du Var, département dont la population vote de plus en plus à gauche, dans la circonscription de Draguignan. L’échec électoral du 3 septembre 1893 force Clémenceau à se retirer un temps de la scène politique. Il se consacre dès lors davantage à l’écriture. C’est par l’intermédiaire de l’affaire Dreyfus que Clémenceau revient au premier plan. Clémenceau qui est entré comme rédacteur à « l’Aurore » en octobre 1897, n’est pas au départ convaincu de l’innocence de Dreyfus. C’est l’acquittement d’Esterhazy le 11 janvier 1898 qui déclenche la crise. Le 13 janvier, Zola publie un article en première page de « l’Aurore » auquel Clémenceau trouve un titre choc : « J'accuse… ! ». Il plaide ensuite dans le procès intenté à Zola et au journal. Fin janvier 1901, Clémenceau quitte l’Aurore suite à des mésententes avec d’autres journalistes. Il crée alors un nouvel hebdomadaire, « Le Bloc », il paraît jusqu’au 15 mars 1902. Le 4 avril 1902, il est élu triomphalement. Il est un ardent défenseur de la loi de séparation des Églises et de l'État. En mars 1906, il occupe alors la fonction de ministre de l’Intérieur. Il accède le 25 octobre 1906 à la présidence du Conseil. Il soutient parallèlement la fondation de la police scientifique par Alphonse Bertillon et des Brigades du Tigre par Célestin Hennion. Le 20 juillet 1909, Clémenceau démissionne. Les années 1909-1912, il consacre son temps à des voyages, à des conférences, mais aussi à sa convalescence car, malade de la prostate, il subit en 1912 une douloureuse opération. Le 6 mai 1913 paraît le premier numéro de « L’Homme libre », journal parisien.
Pendant la Première Guerre mondiale, son journal est l’un des premiers à connaître la censure du gouvernement, exilé à Bordeaux. Il voit son article, dénonçant, à partir d’un fait divers, les insuffisances du service sanitaire aux armées, censuré par le gouvernement. Le journal est suspendu du 29 septembre au 7 octobre. Il change alors le titre de son quotidien en « L’Homme enchaîné ». Pendant les années qui suivent, Clémenceau s’emploie à critiquer l’inefficacité du gouvernement et l'insuffisance des informations qu’il transmet, mais aussi à défendre l’importance du patriotisme et de l’union face au danger. Il fait aussi plusieurs visites sur le front en tant que président de la commission de l’Armée au Sénat. « L'homme enchaîné » garde son nom jusqu’à l’accession de Clémenceau à la Présidence du Conseil, le 16 novembre 1917. Clémenceau devient ainsi à soixante-seize ans président du Conseil pour la deuxième fois, mais aussi ministre de la Guerre, ministère qu’il a tenu à garder pour lui seul.
Oeuvres principales : La mêlée sociale, (Eugène Fasquelle, Au Fil des Jours, (Eugène Fasquelle), Au soir de la pensée, (Plon, 1927), Grandeurs et Misères d'une victoire, (Plon, 1930), Pour la Patrie, 1914-1918, pages extraites des articles et des discours de Georges Clémenceau, (Plon, 1934), Discours de guerre, (Plon, 1934), Discours de paix, (Plon, 1938), L'Iniquité, (premier des 7 tomes de ses écrits journalistiques, réédition de la publication de 1899-1906 établie par Michel Drouin, Mémoire du Livre, 2001).
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